DOM JUAN  de Molière

Acte IV, scènes 7 et 8






Introduction

    Dans une société française du 17ème siècle qui tient aux valeurs morales de son époque, Molière parvient grâce au ton de la comédie à dresser les maux qui affectent la société de son époque. Cependant, dans une tragi-comédie telle que Dom Juan (1665) où le héros éponyme est un libertin aux valeurs iconoclastes, le dramaturge ne peut se résoudre à accorder la grâce à ce personnage au risque de choquer l’Opinion Publique. A ce stade de la pièce, nous nous trouvons dans un point d’accélération de la trame du fait de l’arrivée de la statue du commandeur chez Dom Juan, pour lui annoncer sa punition prochaine. Pourtant, malgré la gravité de la scène, Molière parvient à garder le ton de la comédie.


Lecture du texte

Annonce des axes


Commentaire des scènes

I. Le burlesque : Sganarelle, valet de la tradition italienne

1. Le comportement du valet
• Valet de la commedia Dell’ Arte (à l’affut de quelque chose à dérober) à burlesque.
• Incite le rire par ses prises de paroles et ses pitreries (« notre repas »).
• D’autant plus que Dom Juan se joue de lui.
• Terrorisé à drôle. (colère, effrayé, ne veut même plus manger)

2. La fonction remplie par Sganarelle sur le plan de l’action
• Les effets comiques induits par la présence de Sganarelle et son burlesque dédramatisent la situation (qui prête à l’angoisse).
• Parvient à faire rire les spectateurs venus voir une comédie.
• Sganarelle fait oublier la perversité de son maître.
• Sa peur souligne l’insouciance de son maître, ce qui neutralise l’effet moralisateur de la visite du commandeur.


II. L’ambigüité : la valeur respective des deux personnages : Qui est le bon ? Qui est le méchant ?

1. Valorisation de Dom Juan par Molière
• Bien qu’il doive être prochainement puni, il est valorisé.
• Certaine intimité partagée avec son valet (confidence) et générosité à son égard, même s’il se joue de lui.
• Courtois avec le commandeur (ordonne à ses laquais de le « régaler »).
• Insouciance qui apparaît comme du courage : accepte l’invitation du commandeur sans hésiter.
            à Apparaît en héros.

2. Le commandeur : envoyé de dieu
• Chargé d’exécuter la punition divine.
• Parole laconique : seulement deux répliques.
• Raccourcit la scène à accélère la trame à renforcement de la gravité de la situation.
• Paroles denses et solennelles, symboles de la colère divine.
• Propos qui ne peuvent être détournés.


Conclusion

    Bien que dans un contexte grave et solennel marqué par la venue du Commandeur chez Dom Juan, censé effrayer le spectateur, ce denier ne peut s’empêcher de rire. En effet, Sganarelle, comme à son habitude, adopte un caractère bouffon neutralisant ainsi toute le sérieux du moment. Face à un Dom Juan, flegmatique et obstiné, la moindre action, la moindre parole du valet prête à rire. Cela vient annoncer le dénouement, dont l’effet tragique de la mort du héros, en accord avec le ton de la tragi-comédie, sera en grande partie étouffé par le personnage du valet.






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