Dans les années 1880, un soir d'été étouffant (28 juin). Georges Duroy, employé au bureau des chemins de fer du nord remonte les boulevards de Paris. Il veut se rendre sur l'avenue des Champs Elysées et au bois de Boulogne en quête d'une rencontre amoureuse.
Nous le suivons dans son parcours et dans ses pensées où il a très soif.
Nous verrons d'abord un portrait en mouvement, puis la fascination qu'exercent
les cafés.
I) UN PORTRAIT EN MOUVEMENT
a) l'allure
A travers le regard omniscient du narrateur nous découvrons l'allure
du personnage: elle est dynamique, il bouge, il avance (l.1-8-16). Il a de la
prestance et il s'impose ("d'un air crâne et gaillard, il jugeait d'un coup d'œil" l.17).
Crâne signifie: plein de dédain, et gaillard signifie: sûr de lui et conquérant.
Il joue de son corps pour séduire (tout en se dandinant avec grâce l.23) avec
de l'ironie.
b) le caractère
Il contraste par rapport à l'allure. Ce qui frappe, c'est la brutalité de
ses pulsions à l'égard des paisibles consommateurs (l.18-19). Cette brutalité se
transforme en haine dans la séquence finale. Le personnage rêve de tuer, avec
l'esprit de vengeance (toute la dernière phrase). C'est un homme "sans scrupule" donc
prêt à tout pour arriver à ses fins. L'injure, "les cochons", le
geste
cruel et la comparaison (comme il faisait aux volailles) nous laissent l'impression
de
malaise.
Il se montre également calculateur (l.20-21-22). Il se livre à de petits calculs
de paysan. Maupassant insiste sur la petitesse de son personnage qui n'est pas
un homme ordinaire.
Mais le personnage évolue dans de nouveaux lieux à la mode depuis la transformation
d'Haussmann (baron et sénateur à l'origine de l'assainissement de la capitale).
II) LA FASCINATION QU'EXERCENT LES CAFES
a) l'atmosphère qu'exercent les cafés
Les cafés sont des lieux très fréquentés. Le jeune homme est très
sensible aux nombreux consommateurs comme l'exprime la métaphore
filée empruntée à un liquide (l.2-3 "les grands cafés débordaient sur le trottoir, étalant
leurs public de buveurs").
L'homme admire cette nouvelle population oisive, ivre de consommer et de paraître ("et il regardait tout ces hommes qui pouvaient se désaltérer tant qu'il leur plaisait").
Comme il souffre de la chaleur et de la soif, le café est très attractif. La
récompense est un bock à l'américain (bock: bière d'environ 1/4 litre) "l'américain" était
l'un des temples des esprits boulevardiers, c'est-à-dire viveur d'un comique
léger.
b) une vision très colorée et ludique
Dans les objets, les formes géométriques presque enfantines dominent
("carré, ronde l.4, cylindrique l.6); les couleurs variées suggèrent les sirops,
les alcools ("rouge, jaune, vert, brun l.5). Elles évoquent la palette du peintre
impressionniste car Maupassant privilégie l'impression et les sensations.
La lumière domine comme le montre le champ lexical (="lumière éclatante et crue
de leur devanture illuminées"-"briller les gros cylindre"-"belle eau claire").
L'homme se délecte a l'idée de boire ("il pensait à la sensation délicieuse
des boissons froides dans la bouche" l.9-10).
Conclusion
Cet extrait nous montre bien la technique de l'écrivain, il construit le personnage par le jeu de ses désirs et de ses haines à travers les cafés et les consommateurs. Maupassant parvient par les sensations, les impressions, les sentiments à nous donner "l'illusion du vrai".
De plus, deux thèmes importants du roman sont posés: la soif comme symbole de
désir
et de possession; l'argent deviendra une véritable obsession.
Merci à Christophe de Cormeilles-en-parisis pour cette fiche...