Pour l'introduction
- L’œuvre : Micromégas est un conte philosophique qui intègre la recherche de
la vérité et de la raison dans le cadre d’un récit
invraisemblable et merveilleux.
- Conte philosophique : associe par définition deux termes
en apparence contradictoire : conte : divertissement et philosophique :
complexe.
But : apprentissage
de la sagesse. Métaphysique : s’interroge sur l’âme,
la place de Dieu (spirituel), place de l’homme dans l’univers. Aspect
humaniste. Thèmes récurrents : relativisme (Candide), sagesse,
tolérance, recul, raison.
- Voltaire : écrit des contes à partir de 20 ans, en vers et en
prose pour divertir la Cour et décrire les vertus des femmes. Voltaire
conteste l’authenticité des écritures saintes. Il rêve
d’un despotisme éclairé (monarchie luttant contre les privilèges).
Voltaire veut réduire le pouvoir de l’Eglise.
Lecture du texte
Annonce des axes de lecture
Commentaire littéraire
I. Le dialogue et le récit
1. Construction rigoureuse et progressive
Jeu sur les différents types de
discours :
-
Discours direct : « alors Micromégas prononça ces paroles : « … » (début du texte). Le discours direct du géant
permet d’engager un débat ; spontanéité + réflexion
immédiate.
- Discours des philosophes :
discours indirect : « il
lui conta, non pas… » et
discours direct avec : « plus de matière […] dit-il ».
Le discours indirect permet au narrateur de donner un éclairage plus personnel
et une mise en distance (distanciation) « il lui conta que ». Le
discours indirect montre une série d’expériences vécues
et analysées, montre une réalité avec les noms propres cités,
qui font office d’exemple et d’argument d’autorité.
A l’intérieur du discours indirect, il y a une construction progressive
-> emploi de connecteur logiques « mais, en effet, enfin » (2ème
paragraphe).
Intérêt sémantique : alternance des discours = égalité dans
la prise de parole.
2. Le dialogue apporte des leçons (argumentation)
Le narrateur n’incarne aucun personnage -> apparence d’une
réalité objective.
Effets d’échos entre les leçons données pas Micromégas
et celles des philosophes.
- 1ère leçon : relativisme universel (relativité). Thème
récurent de l’œuvre de Voltaire.
= ne pas juger sur les 1ères apparences, relativiser.
Apparaît par l’opposition petit/grand : argument logique : « il
ne faut juger de rien sur sa grandeur apparente ». + étonné par
l’intelligence de ces êtres si petits et insignifiants : « donné une
intelligence à des êtres si méprisables ». Parallélisme,
mise en relief par le
chiasme « infiniment petit.. ».
Discours ouvert, ouverture d’esprit : emploi du conditionnel -> « s’il
est possible ».
-> Le géant prend conscience de la chaîne infinie des êtres.
- 2ème leçon : intelligence. L’intelligence humaine apparaît
dans les confirmations apportées par le philosophe. Cette démonstration
montre des oppositions. Construit son argumentation par le biais d’exemples
scientifiques (qui font autorité avec les noms propres) -> vocabulaire
scientifique : « atomes », « globe » « infiniment
petit ». S’oppose à l’argumentation de Virgile « a
dit de fabuleux » : fictif.
Même dans une infime espèce vivante, l’abeille, réside
des possibilités étonnantes. Les « atomes intelligents » :
périphrase, personnification de l’être humain.
Cet échange est utile, les philosophes sont à l’écoute
du géant et réciproquement. : conversation.
Qualités intellectuelles égales malgré leurs différences
physiques (choix du personnage pas laissé au hasard).
II. Portée critique
1. Optimisme
La 1ère réponse du philosophe à Micromégas -> entraîne
un trop grand optimisme. Juge sur les apparences (supposition) : « paraissant », « vous
devez ». Le géant est trop sensible à ses impressions
personnelles et tire des conclusions hâtives : « vous
devez sans doute » + « pur » hyperbole.
On note une certaine naïveté du géant, qui pose un nouveau
regard sur le monde -> « nul part vrai bonheur mais il est
ici » :
très optimiste croit trouver le vrai bonheur -> cherche à atteindre
l’Utopie. Le modalisateur « sans doute » -> connotation
de l’espoir.
2. Pessimisme
A ce discours utopiste du géant, l’unanimité des philosophes
est exprimée par un philosophe plus hardi « franc ». Antithèse,
réplique qui expose une vision profondément pessimiste. Le narrateur
par le biais du discours des philosophes fait la périphrase de la philosophie
des lumières : « un petit nombre d’habitants fort peu considérés… » +
tournure restrictive : « si l’on excepte… » : réflexion
sur les philosophes mise en valeur et identifié comme un être à part.
-> échappe à la folie humaine « tout le reste, assemblage… »
métaphore + caractère négatif, société assez obscure et noire : cause (« méchants ») à conséquence (« malheureux »).
Paradoxe : l’être humain malgré son intelligence est capable
de semer le trouble et le mal. Effet de gradation, discours
hyperbolique à la
fin du texte : « 100 mille fous » (à l’image du géant) ; « 100 mille animaux » : métaphore qui désigne l’homme
qui fait la guerre. « couvert d’un turban » -> allusion à une
guerre précise Turquie/Russie. + « couverts de chapeau » -> autrichiens.
Parallèle entre les philosophes et les fous/guerriers/animaux. Utilisation
d’un vocabulaire réaliste : « ils tuent », « massacrent ».
Voltaire (par les philosophes), ne prend pas parti, mais dénonce la
guerre.
Fin du texte : « par toute la Terre […] temps immémorial » :
question rhétorique qui renforce l’argumentation/discours universel
du philosophe. Raisonnement logique.
Conclusion