Cruauté : poisons, couteau, fouetté, …
Mort : …
Guerre : …
Peur : …
Justice : …
Les antithèses affirment en réalité l'opposé de ce qui est dit.
- "les couteaux travaillent au midi"
- "le meurtre public ont le nom de justice"
- "les places de repos sont places étrangères."
Le paradoxe naît du fait qu'il est une opposition. Les figures du texte
mettent en valeur le texte.
Procédé de généralisation : passer du particulier au général.
Les verbes au présent de vérité générale montre une atemporisation. Le texte est une
dénonciation de la guerre qui prend un exemple concret : guerre de
religion du 16ème siècle.
II. Les thèmes dominants qui caractérisent la situation
L’expression "en proie" ouvre le texte sur une image de violence et de mort criminelle :
Champ lexical de la violence : étrangle vers 2 ; poisons vers 6 ;
sanglants vers 6 ; meurtres vers 8 ; violer vers 20 ; supplice vers 23.
La densité de ce champ lexical dès le début du passage
définit le thème dominant de la violence que connaît
le pays. Si le début du texte expose la violence dans un cercle
familial (père, fils, frère), un glissement s’opère
rapidement grâce à l’adjectif "public", lié à
"meurtre" qui prouve que cette violence est certes
généralisée chez les particuliers mais est également
celle de l’Etat, donc un acte politique (bélîtres ; troupes 9 ; gouvernement 9 ; tambours 14 ; garnisons et prisons 14) qui donnent
l’image d’une armée combattant.
C’est à ce moment que se met en place le champ lexical de la guerre (vers 9 à 14).
Mais il est important de remarquer que c’est surtout la peur qui domine ce
passage (épouvantait 11 ; trembler et tremblantes 12 ; éperdus
13) et non les atteintes physiques. Les sonorités imitatives contribuent
à l’expression de cette crainte, amplifiant l’impression
par les échos sonores des "grondants tambours" ; présence
dans ces mêmes vers de nombreux [T, D, B, K, R, P] imitant le tambour ou
les cœurs qui battent de peur.
Enfin, tout au long du texte, le champ
lexical de la justice tantôt positif (justice, honorable, exemple,
sage, justicier) et tantôt négatif (souffrir, sans merci, malfaiteur,
injustice), met en place l’idée d’un renversement présenté
comme un paradoxe.
III. Le renversement des valeurs
C’est d’abord la structure syntaxique qui attire
l’attention sur le renversement : le poète par ce biais montre
le remplacement d’une valeur positive par une autre, négative : vers 7 et 8, la construction met l’accent sur l’analogie entre
"meurtre", "vice" et "justice" pourtant opposés ce qui crée
un paradoxe. Le renversement des valeurs est posé clairement à
la suite d’exemples concrets familiaux qui laissent déjà
prévoir (voir 2 et 3, les valeurs de protection et d’amour
normalement contenues dans les relations familiales disparaissent au profit
d’une volonté de mort : cercueil, étrangle).
Dès les vers 15 à 18, la structure toujours identique bâtie autour du verbe "être" montre à la fois le remplacement d’une notion par une autre et le bouleversement, la confusion ainsi engendrée par l’état de guerre : ce qui est paisible et sécurisant est remplacé par ce qui fait peur et ce qui est hostile. Ici, c’est évidemment la figure de l’antithèse qui prédomine.
Ce reversement des valeurs touche tout ce qui concerne l’organisation de la ville depuis sa part la plus privée (familiale) jusqu’à sa part la plus publique (le bourgeois, exemple de sa ville). On peut remarquer dans cette dernière partie que l’accent est mis sur la décadence que l’on voit s’opérer sous nos yeux : "honorable ; exemple ; souffle ; tomber". A partir de ce moment, le poète installe un nouvel ordre au supplice, le malfaiteur fait son procès, l’injustice est un principe de droit.
Le texte est couronné par la comparaison générale et
conclusive "comme au monde à l’envers" (25) suivie d’un
dernier vers renvoyant au début de l’extrait comme pour montrer
un schéma sans cesse répété, sans espoir de fin.
IV. La dénonciation de l’horreur de la guerre dans un texte qui dépasse la référence strictement historique
Par le repérage des personnages mis en scène,
on peut facilement comprendre qu’il s’agit ici d’une guerre
civile clairement définissable comme étant celle qui enflamma
la France au 16ème siècle, mais les procédés
de généralisation permettent de dépasser cette relation
à l’histoire de la France et envisagent l’explication dans
le cadre plus large de la dénonciation de toute guerre civile,
fonctionnant selon un même principe et détruisant toute valeur
morale au profit de son antithèse immorale ou amorale. Les
procédés sont les suivants :
- La plupart des verbes sont au présent, valeur intemporelle et donc généralisante.
- Des articles au singulier marquent une généralisation (début et fin du texte).
- De même lorsque ce sont des articles définis.
- Aucune situation n’est temporellement ni géographiquement
clairement définissable : situation valable en tout lieu et tout temps.