-Auteur : André Breton (1896-1966) est le chef de file du surréalisme, à la fois par son originalité et son charisme.
Il s’inspire de Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud…
A la fin XIXème début XXème siècle, les surréalistes cherchent un nouveau langage poétique libéré de toute contrainte et qui laisse s’exprimer l’inconscient.
Les plus grands recueils d'André Breton sont Le Manifeste du surréalisme (1924), Le Second manifeste du surréalisme (1930), L'Amour fou (1935).
- Œuvre : Le poème « Union Libre » a été publié en 1931. Il est l’un des principaux écrits de Breton, peut être le plus représentatif de sa poésie et de ses idées. C’est une sorte de définition de l’amour. C’est un poème en vers libre (ni rime ni mètre régulier) construit sur une anaphore.
- Problématique : En quoi ce poème est-il l’illustration de la poésie du surréalisme ?
Union libreMa femme à la chevelure de feu de boisAux pensées d'éclairs de chaleur A la taille de sablier Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche A la langue d'ambre et de verre frottés Ma femme à la langue d'hostie poignardée A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux A la langue de pierre incroyable Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre Et de buée aux vitres Ma femme aux épaules de champagne Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace Ma femme aux poignets d'allumettes Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur Aux doigts de foin coupé Ma femme aux aisselles de martre et de fênes De nuit de la Saint-Jean De troène et de nid de scalares Aux bras d'écume de mer et d'écluse Et de mélange du blé et du moulin Ma femme aux jambes de fusée Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir Ma femme aux mollets de moelle de sureau Ma femme aux pieds d'initiales Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent Ma femme au cou d'orge imperlé Ma femme à la gorge de Val d'or De rendez-vous dans le lit même du torrent Aux seins de nuit Ma femme aux seins de taupinière marine Ma femme aux seins de creuset du rubis Aux seins de spectre de la rose sous la rosée Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours Au ventre de griffe géante Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical Au dos de vif-argent Au dos de lumière A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire Ma femme aux hanches de nacelle Aux hanches de lustre et de pennes de flèche Et de tiges de plumes de paon blanc De balance insensible Ma femme aux fesses de grès et d'amiante Ma femme aux fesses de dos de cygne Ma femme aux fesses de printemps Au sexe de glaïeul Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens Ma femme au sexe de miroir Ma femme aux yeux pleins de larmes Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée Ma femme aux yeux de savane Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu. André Breton (1931) |
Notre analyse portera dans un premier temps sur le blason de la femme bien aimée et dans un deuxième temps nous étudierons les caractéristiques surréalistes de ce poème.
A travers ce poème, nouveau langage, libération de l’inconscient.
Contraintes et inhibitions.
Rapprochement avec la poésie en prose.
Merci à Guillaume pour cette fiche