|
« De la Cour » L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse : ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes ; il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu'elles étalent avec leur gorge, leurs bras et leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher l'endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu'on ne connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d'ailleurs ont leur Dieu et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une certaine heure, dans un temple qu'ils nomment église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des mystères qu'ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l'on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l'esprit et tout le cœur appliqués. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment ; il est à quelque quarante-huit degrés d'élévation du pôle, et à plus d'onze cents lieues de mer des Iroquois et des Hurons. |
I. Structure du texte
1) Présentation des différentes catégories
de la
population
•
Chaque catégorie est opposée :
- Les vieillards et les jeunes gens : les vieillards ont une bonne éducation
et les jeunes gens représentent la débauche.
- Les femmes et les hommes : Les femmes sont trop coquettes et les hommes dissimulent.
- Les grands et le peuple : relation triangulaire entre Dieu, le roi et les
grands.
2) Organisation qui va d’un groupe d’individu par ordre d’âge
et de sexe à un ensemble soumis au roi et soumis à Dieu.
Il y a une pyramide sociale.
II. Caractères étrangers
1) Description du peuple sauvage vu par un narrateur étranger
•
Région, pays… : termes assez vagues.
•
Chez eux, ceux, ces peuples, les grands.
2) Distanciation marquée par différentes
tournures.
•
Emploi du « on ».
•
Verbes d’états : être, paraître, sembler.
•
Un temple qui nomme Eglise : chapelle de Versailles
-> Créer l’illusion de découverte.
•
Situation géographique étrange.
III. La satire
1) Universelle
• De la débauche et de l’alcoolisme.
• Champ lexical de la boisson : eaux de vie, liqueur, eau forte, boire…
• Coquetterie féminine = passage où l’on voit que les femmes font tout pour être belle.
• Critique de la dissimulation et de l’hypocrisie.
• Les hommes portent des perruques pour « se cacher ».
2) Une satire historique
• Monde de dissimulation et de débauche.
• On le voit à travers les trois portraits.
• Soumission totale au roi -> expliquer le passage sur la messe.
• Satire de la monarchie et du roi divin.
• Le roi prend la place de Dieu.
Merci à celui ou celle qui m'a envoyé cette
fiche