Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie

Louise Labé - Sonnets



Plan de la fiche sur Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie de Louise Labé :
Introduction
Texte du poème
Annonce des axes
Commentaire littéraire
Conclusion




Introduction

    Le sonnet "Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie" est publié en 1555, et s’inscrit dans la tradition Pétrarque de la poésie amoureuse : c’est un sonnet en décasyllabe à rimes embrassées. Lyrique, ce sonnet a pour sujet l’amour, mais il prend toute son originalité par la variété des émotions que l’auteur évoque et opère à l’intérieur d‘une forme fixe.
    De quelle façon Louise Labé, poétesse de la renaissance, rend-t-elle compte de la puissance de l’amour ?


Texte du poème


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Lu par Diane Boudreau - source : litteratureaudio.com




Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé (1524-1566)


Louise Labé
Louise Labé



Annonce des axes

I. Le thème de l'amour
1. Une structure en énigme
2. L'amour dans les sonorités du poème

II. Les désordres amoureux
1. Des sensations au sentiment
2. La fusion des contraires

III. Le pouvoir de l'amour
1. L'amour n'est pas maîtrisable
2. La dépossession du sujet



Commentaire littéraire

I. Le thème de l’amour

1. Une structure en énigme
* 2 premier quatrains, ramassés 2 rimes embrassés, exposent les symptômes d’un mal inquiétant qui met en péril sa santé "je vis, je meurs")
* Etats contradictoires et simultanés -> on peut s’interroger sur la nature du mal. Réponse au tercet (vers 9) : c’est l’amour.
* Amour :
      - mis en valeur par la majuscule et personnifié
      - mis en valeur par le hiatus (2 sons voyelles à la suite nécessitant une pause), insiste sur le rôle dominateur de l’amour en général

2. L’amour dans les sonorités du poème
* Sonnet construit à partir de quatre rimes seulement "oi", "ure", "ène" et "eur".
* L’amour fait l’unité du poème, pourtant basé sur des oppositions.


II. Les désordres amoureux

1. Des sensations au sentiment
* Le toucher (molle / dure)
* Les éléments (terre, feu, eau)
* L’amour engage l’être tout entier mais dans ce sonnet, les sensations sont d’abord physique : corps soumis aux éléments s’ajoutant aux perceptions des sens.
* Tout se passe comme si la conscience des sentiments était en retard sur les perceptions, ce qui souligne l’aspect involontaire de l’amour qui suscite le désordre.

2. La fusion des contraires
* Tout au long du sonnet, le sentiment amoureux s’exprime dans une durabilité qui oppose des antithèses (émotions libres, la douleur, puis la joie)
* Contradictions du sentiment amoureux sont évoqués dans la confusion des sensations physiques et psychologique présentée dans des antithèses.


III. Le pouvoir de l’amour

1. L’amour n’est pas maîtrisable
* Il est d’abord une expérience des limites ("grand", "extrême")
* Il se joue de la durée de la joie qu’il inspire. Son irruption dans l’âme est surprenante
* L’amour est donc le maître du jeu, et son pouvoir est renforcé par la personnification opérée dans les tercets.
Cet amour tout puissant entraîne la déperdition du sujet

2. La dépossession du sujet
Le dernier vers renferme le poème sur lui même "malheur".




Conclusion

    Le sonnet exprime la variété des sensations, des émotions, ressenties par le poète en proie au sentiment amoureux. L’amour l’investit, lui fait perdre tous ses repères, triomphe de sa raison.




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Merci à Brigitte pour cette analyse de Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie de Louise Labé