Signe est le fragment d’un poème beaucoup
plus long. Le titre vient du signe astrologique d’Apollinaire, né sous
le signe de la vierge, qui est aussi le signe astrologique sous lequel débute
l’automne.
Lecture du poème
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Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs Je regrette chacun des baisers que je donne Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs Mon Automne éternelle ô ma saison mentale |
Annonce des axes
Commentaire
I. Une composition poétique classique
1. Les vers
Les vers de ce poème sont des alexandrins avec la césure à l’hémistiche.
2. Les rimes
Rimes croisées type AB/AB
3. Les strophes
Le poème est composé de deux strophes en forme de quatrains.
II. Le temps d’aimer, le temps de mourir
1. Un poète sous influence
Le premier vers de la première strophe est, en fait, l’explication
du titre. C’est par un emprunt au vocabulaire de l’héraldique, " Chef
du Signe ", qui signifie le signe noble dans un blason, qu’Apollinaire
révèle sa croyance d’une sujétion à la saison.
On retrouve l’ambiguïté du rapport que le poète entretient
avec l’automne à cause du verbe soumettre, qui peut suggérer
l’idée d’une obligation, d’un fait subi. D’autre
part, la métaphore méliorative du blason laisse penser qu’Apollinaire
revendique avec fierté l’influence qu’exerce sur lui l’automne.
La seconde strophe s’ouvre par une apostrophe à l’automne,
où Apollinaire reconnaît explicitement l’envoûtement
qu’exerce sur lui la saison.
" Mon Automne éternelle ô ma saison mentale ". La saison est
vécu par le poète plus comme un état d’esprit que
comme un moment de l’année.
2. Chagrin d’amour
Mais au travers du thème de l’automne célébré perce
une mélancolie inhérente à la saison, celle des amours
mortes. Elle se retrouve dès le vers 2, dans l’opposition de l’élément
masculin apprécié " j’aime les fruits " et
de l’élément féminin rejeté " je
déteste
les fleurs ". La fleur est d’évidence la métaphore de la femme. Les vers 3 et 4 disent la souffrance d’aimer et sont peut-être
l’expression des souffrances qu’Apollinaire éprouva dans
sa relation amoureuse et malheureuse avec Annie Playden. Comme souvent chez
ce poète, le thème de la mutilation apparaît, au vers 6 " les
mains des amantes d’antan jonchent ton sol ". Cette image d'une
mutilation s'accompagne d'une réification et le verbe joncher, qui s’applique
en premier lieu aux feuilles qui tombent, montre comment les souvenirs amoureux
finissent par se trouver assimilés aux manifestations naturelles propres à cette
saison. L’automne, saison de transition, devient l’occasion d’un
bilan. Le vers 7 poursuit le thème des amours malheureuses avec une
allusion évidente au mythe d’Orphée et Eurydice, symbole
de l’amour impossible.
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