Les Oreilles du lièvre

La Fontaine - Les Fables







Plan de la fiche sur Les Oreilles du lièvre - Jean de la Fontaine :
Introduction
Texte de la fable
Annonce des axes
Commentaire littéraire
Conclusion


Introduction

      Pour écrire la fable Les Oreilles du lièvre, Jean de la Fontaine s'est basé sur un texte d’un philologue (philologie : science qui traite d'une langue au point de vue historique) de la cour du pape Paul IV, Faërne, qui a écrit, en 1563 un recueil de fables (Le Renard et le Singe) adaptées en latin. Chez l’Italien Faërne, le renard fuit le pays du lion car celui-ci exile les animaux ne possédant pas de queue malgré l’insistance du singe à lui dire qu’il en possède une. Mais La Fontaine substituera au renard et au singe de l'italien le lièvre peureux (la queue du renard est remplacée par les oreilles) et le grillon, symbole du foyer.

Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine
par Hyacinthe Rigaud, 1690


Texte de la fable


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Lu par René Depasse - source : litteratureaudio.com

Les Oreilles du lièvre


Un animal cornu blessa de quelques coups
Le Lion, qui plein de courroux,
Pour ne plus tomber en la peine,
Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt délogèrent,
Daims, et Cerfs de climat changèrent ;
Chacun à s'en aller fut prompt.
Un Lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles,
Craignit que quelque Inquisiteur
N'allât interpréter à cornes leur longueur,
Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles.
Adieu, voisin Grillon, dit-il, je pars d'ici ;
Mes oreilles enfin seraient cornes aussi ;
Et quand je les aurais plus courtes qu'une Autruche,
Je craindrais même encor. Le Grillon repartit :
Cornes cela ? Vous me prenez pour cruche ;
Ce sont oreilles que Dieu fit.
- On les fera passer pour cornes,
Dit l'animal craintif, et cornes de Licornes.
J'aurai beau protester ; mon dire et mes raisons
Iront aux Petites-Maisons.

La Fontaine, Les Fables


Les Oreilles du lièvre - La Fontaine
Les Oreilles du lièvre



Annonce des axes

I. Contenu codé et grave
II. Forme légère et gaie



Commentaire littéraire

I. Contenu codé et grave

22 vers, pas de morale explicite, alexandrins et octosyllabes, rimes pauvres et suffisantes soit suivi soit embrassé.
Satie religion et pouvoir par la parodie du langage législatif exécutif et judiciaire.
Des animaux symboliques : Le lion et les autres animaux.
Champs lexical de la peur.
Justice arbitraire, un accident entraîne une persécution, raciste grâce à un signe extérieur.
Exode massif et précipité.


II. Forme légère et gaie

Récit bref vif et plaisant
Une structure narrative rigoureuse Les procédés d'animation
Registre différent -> ironie, style héroïcomique et burlesque.
Animaux => dédramatise l’histoire.
Altération en « queue ».
Burlesque de la déclaration du lièvre et autruche.
Mention « asile » qui sert de prison dans un monde animal.



Conclusion

     Les oreilles du lièvre est une fable dressant une satire de la monarchie et de l'inquisition. Sa forme agréable lui permet de convaincre plaisamment le lecteur.





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Merci à Jérémy pour cette analyse sur Les Oreilles du lièvre de La Fontaine